Enfant face à un buffle

La consommation de viande

Faut-il manger de la viande ? Poser la question sous cette forme ne me semble pas judicieux. Nous devrions plutôt nous interroger sur la nécessité que représente la consommation de protéine animale pour l’homme et ses impacts sur la santé.

Mon cheminement alimentaire : d’omnivore à végétalien (vegan)

Je vais commencer par lever un doute immédiatement avant d’aborder la suite de mes réflexions : à l’heure où j’écris ces lignes, j’ai réduit drastiquement ma consommation de protéines animales (ni viande, ni poisson, ni produits laitiers) seulement quelques œufs de temps à autre. Exception faite lorsque je voyage et qu’aucune alternative n’est présente à proximité (dans ce cas j’opte généralement pour un plat à base d’œuf ou de fromage, la viande faisant office d’ultime recours si la seule alternative que j’ai est de mourir de faim).

Bien que je ne sois pas un adepte de la catégorisation, je dirais que ma consommation se rapproche aujourd’hui le plus d’une alimentation végétarienne à tendance végétalienne. Je ne me considère pas comme vegan à proprement parler puisque je consomme occasionnellement des œufs et certains produits d’origine animale (du miel par exemple). Enfin sur cette page, je me concentre sur l’alimentation mais sachez qu’un vegan ne consomme pas de produit d’origine animale, ce qui s’étend au delà de la nourriture (cosmétiques, vêtements par exemple).

Cette parenthèse refermée, j’aimerais à présent vous en dire plus sur le chemin qui m’a conduit à opter pour une alimentation principalement végétale et à délaisser définitivement tout produit carné. En réalité, j’ai retenu deux principaux arguments qui m’ont fait réfléchir en profondeur et opter pour ce choix : les effets bénéfiques sur la santé et le bien-être animal.

Le temps de la documentation : découverte des dessous de l’industrie agro-alimentaire

Petit retour en arrière. Nous sommes au printemps 2018. Dans la lignée de mes interrogations sur l’alimentation, j’éprouve l’envie de regarder un documentaire sur les questions qui m’intriguent (plus qu’elles me touchent à ce stade). J’ai alors envie d’apprendre quelque chose sur notre planète, l’écologique peut-être, le fonctionnement de notre agriculture, je ne sais pas vraiment encore… Sans me rappeler le nom de tous les reportages Netflix (l’un d’eux – Cowspiracy – m’a particulièrement marqué), j’en visionne un, plus deux, puis trois… entraîné par une recherche boulimique d’information, je découvre l’envers du décor de notre société de consommation.

Affiche du reportage Cowspiracy.

Les reportages sont bien tournés, plutôt éloquents et font froid dans le dos. J’ouvre enfin les yeux (ni riez pas, moi aussi je me suis cru bien naïf en réagissant de la sorte !) Le monde que j’observe à travers ces documentaires me semblait nouveau et pourtant évident. Je m’entends encore réagir intérieurement avec passion : « Mais c’est dingue ! On marche sur la tête, ce n’est pas possible ! » Certes, les points de vue sont engagés mais n’en demeurent pas moins pertinents et basés sur des études sérieuses/indépendantes. Ce n’est pas de la science-fiction (genre que j’affectionne généralement sur Netflix) : les pratiques de l’industrie agro-alimentaire, l’élevage intensif et ses impacts sur la planète, la consommation fast-food de produits ultra sucrés, gras et transformés, ses conséquences sur l’explosion des maladies (cardiovasculaires, obésité, diabète) et la mortalité dans les pays « riches », les enjeux de pouvoir au cœur de l’industrie, les contre-vérités sur nos réels besoins alimentaires, les contre-études commandées par les lobbys de l’industrie agro-alimentaire pour perpétuer la stratégie du doute chez le consommateur, la réalité des abattoirs, le traitement inhumain des animaux sensibles… tout se bouscule dans ma tête.

En vrai, j’ai presque vécu un état de choc pendant quelques jours. Avec du recul aujourd’hui, je crois être sincère quand je dis que je n’ai jamais ressenti une telle prise de conscience de toute ma vie. Brute, douloureuse, sans appel. Une de celles qui ouvrent les yeux et nous grandit d’un coup.

À la suite de ce choc de conscience, j’ai décidé d’approfondir mes connaissances. De l’écran je suis donc passé à la lecture papier – qui a le mérite d’offrir un terrain inégalé de connaissances sur les questions alimentaires, de l’écologie et du respect du vivant. Ainsi, mon cheminement a croisé la route des écrits de Thomas Colin Campbell, Gilles Lartigot, Aurélien Barrau… j’en oublie sans doute. Ce que j’ai appris a contribué à définir mon nouveau regard sur ce monde. Celui d’un citoyen lambda émergeant du brouillard.

Les produits laitiers : lait, fromages

La chaîne de production des produits laitiers que nous consommons nécessite une pratique qui ne respecte pas l’animal : l’insémination artificielle. Pour que la vache puisse produire du lait, elle doit être fécondée et mettre bas. Or, il n’aura échappé à personne que l’être humain ne demande pas à l’animal son consentement en la matière. Pire : pour que le rendement soit maximal, l’insémination est souvent répétée jusqu’à épuisement des capacités productives de la vache. Sans compter que le veau est retiré à sa mère pour finir dans la plupart des cas à l’abattoir ou destiné à devenir comme sa génitrice, une machine à produire du lait (je vous épargne les vidéos déchirantes des séparations entre la maman vache et son veau qui montrent à quel point le bovin est un être sensible éprouvant l’attachement).

Un veau tétant sa mère.

Les impacts sur la santé de la protéine animale

Qu’il s’agisse d’une consommation sous forme de viande, de lait ou de fromage, manger des protéines animales n’est pas anodin pour le corps. Ajoutez à cela qu’on peut vivre en parfaite bonne santé sans manger de viande et vous faites immédiatement sauter les peurs de la carence sur lesquelles jouent systématiquement les industriels.

Sans qu’un lien direct entre protéine d’origine animale et développement de graves maladies (comme certains cancers) ne soit à ce jour scientifiquement établi, plusieurs études concluent qu’un régime appauvri en protéines animales joue un rôle bénéfique dans le renforcement du système immunitaire. La célèbre enquête de T. Colin Campbell démontre même une corrélation entre les régimes alimentaires riches en aliments d’origine animale (notamment la caséine présent dans le lait de vache) et des maladies graves comme les maladies coronariennes, certains cancers, les diabètes de type 1 et 2, l’ostéoporose.

Sources :
https://www.sciencesetavenir.fr/sante/cancer/cancer-un-regime-appauvri-en-proteines-limite-la-croissance-des-tumeurs_122508
https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Rapport_Campbell

Les impacts sur la planète

Chaque année, l’homme tue environ 100 milliards d’animaux terrestres et 1000 milliards de poissons à des fins alimentaires. Un véritable massacre. A l’échelle industrielle, la consommation de viande produit une pollution majeure. Elle entraîne aussi une surexploitation des sols en cause dans la réduction de la biodiversité (les animaux sauvages voient leur habitat naturel se réduire comme peau de chagrin). Quand j’ai appris que la production d’un kilogramme de bœuf demandait 10 000 litres d’eau je n’en ai d’abord pas cru mes oreilles. Alors que l’eau est une ressource précieuse, une condition de vie qui vient déjà à manquer dans plusieurs régions du globe, est-ce vraiment raisonnable de poursuivre un modèle de production agricole qui nous entraîne certainement dans le mur ?

Chat qui lape de l'eau
L’eau : une ressource précieuse, condition de vie.

De plus, pour 1 calorie de viande, 4 à 11 calories végétales sont nécessaires (en fonction des animaux). Alors que la faim dans le monde reste un problème majeure, comment passer à côté de la logique qui voudrait mettre fin à ce gâchis en nourrissant directement l’homme avec les céréales qui servent à nourrir le bétail ? Autrement dit : aller directement à la source au lieu d’utiliser les animaux comme filtre pour notre alimentation. Enfin, autre impact écologique majeur : l’élevage émet à lui seul plus de gaz à effet de serre que toute autre activité humaine (oui vous avez bien lu : même l’industrie des transports ne pollue pas autant !)  

Sources :
Le plus grand défi de l’histoire de l’humanité, Aurélien Barrau.
L’humanité en péril, Fred Vargas.

L’humain est biologiquement herbivore

Si on regarde du côté de notre système digestif (la longueur de nos intestins par exemple), de notre dentition/mâchoire conçue pour mastiquer et broyer les aliments de manière latérale, de nos mains dépourvues de griffes, sans compter le besoin de cuire et détailler la viande avant de pouvoir l’avaler, on ne peut que se rendre à l’évidence : la science nous indique que l’espèce humaine possède les marqueurs biologiques des herbivores. Nous sommes donc naturellement équipés pour manger des fruits, légumes, céréales, noix et légumineuses. L’humain est un mangeur de plantes, pas de chair animale.

Voici un extrait d’une conférence donnée par Gary Yourofsky en 2010 à l’université américaine Georgia Tech qui résume très bien la situation (faites-là tourner, elle est plutôt éloquente). Le monsieur au franc parler est un militant engagé pour la cause animale et le végétalisme. Ses arguments font réfléchir, jugez plutôt :

Pour les plus curieux, je vous invite à regarder l’intégralité de la conférence sur YouTube (durée totale : 1h10) : https://www.youtube.com/watch?v=9ivPJUypbVs

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